Actuellement en France, des femmes, des hommes, des couples, des jeunes, des vieux et leurs enfants manifestent contre l’égalité des droits à travers le mariage pour tous.
Pour ces gens, si tu es homosexuel, tu n’as pas le droit d’avoir la même vie que les hétéros : tu ne marieras pas, tu n’auras pas d’enfants et tu ne pourras pas adopter. En gros, on t’accepte (c’est déjà bien, tu devrais t’en satisfaire) mais tu la fermes et tu paies tes impôts.
Vraiment pas de chance, la nature a décidé de me faire homo… mais juste une question : sommes-nous responsable de la couleur de notre peau, de nos cheveux, de notre caractère, de notre sexualité ou encore de l’épaisseur de nos os ? Il me semble que non.
L’homosexualité est une caractéristique, une différence comme les autres, un détail.
Quand un hétéro me demande si c’est un choix d’être homo, je réponds par une question simple « Et toi, as-tu décidé d’être attiré par le sexe opposé ? » Dans 100% de cas, la réponse est « non ». Fin du débat quant au choix d’être homo ou pas. À l’âge adulte, on fait le choix de le vivre au grand jour ou on n’arrive pas à l’assumer. La notion de choix est donc existante mais uniquement face à nos concitoyens et leur morale. Si l’homophobie n’existait pas, les refoulés non plus.
Quand j’entends tous ces argument d’anti, j’ai surtout envie de leur dire que je ne suis pas qu’un sexe, une femelle, une homo. J’ai un cœur, un cerveau, une âme et ma sexualité ne dirige pas ma vie. Ma vie, je la partage avec la même personne depuis presque treize ans.
Treize ans déjà et l’envie d’avoir des enfants nous interpelle, nous entrechoque, nous questionne depuis plusieurs années. L’envie de transmettre quelque chose, de prendre soin d’un être.
Pour un couple de femmes, il est beaucoup plus facile d’avoir des enfants (Belgique, PMA, tout ça, c’est bien connu). Nous aurions pu. Mais nous n’en avons rien fait, nous ne souhaitons pas faire grandir un enfant dans un pays dont la moitié de ces habitants rejetteront notre famille et crient « Gaystapo » dans la rue, sans la moindre honte face à l’Histoire. Sans la moindre réflexion sur l’impact de leurs propos.
Parce qu’honnêtement, ça fait mal. Ça fait mal d’être accusée, coupable, exclue.
Que notre enfant ressente cette différence, cette cruauté, cette fermeture d’esprit m’est insupportable. Gamine, j’étais la seule de ma classe à être « une enfant de divorcés », je connais ce sentiment d’exclusion, je sais que les enfants disent très bien les mots que leurs parents n’osent pas prononcer trop fort. En 2013, et vu ce qu’il se passe actuellement dans la rue, je suis heureuse de ne pas avoir d’enfant. Aucun enfant ne mérite de vivre et de voir ça.
En attendant que la République Française nous reconnaisse comme des citoyens à part entière et qu’elle accepte nos futurs enfants, on continue de s’aimer. On s’aime et puis c’est tout, malgré tout, au-delà des mots, du tout… Aimez-vous, aimons-nous, c’est notre plus grande force face à cette haine grandissante.
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